Y a pas de transfert sans rumeur (sauf à l'OM)

Y a pas de transfert sans rumeur (sauf à l'OM)
Après la défaite de Rennes, j'ai été convoqué dans le bureau de Pape Diouf. Il était assis derrière son bureau avec une cigarette dans la bouche et de la fatigue dans les yeux. Etalé devant lui, y avait plein de journaux différents qui avaient tous le même titre. Ca parlait de crise. La crise, c'est terrible. Je sais de quoi je cause, à l'OM c'est la crise tous les six mois. Sauf que là, la crise est salement en avance.

Acariesse était là aussi. Il a secoué la provence devant moi en répétant " José, qu'est-ce que c'est que ce classement du championnat ? " Moi je me grattais mon bras, je savais pas trop quoi dire. Alors j'ai tout mis sur le dos de l'intertoto et du calendrier de la ligue orange sans parler des joueurs qu'on a pas pu recruter et du soleil qui tape trop fort à Marseille surtout en été, j'en aurais bien rajouter une couche sur les arbitres qui nous sifflent pas assez de pénos mais j'ai bien senti que Acariesse était pas convaincu des masses.

Il a dit " garde ton baratin pour les journalistes. Eux y sont peut-être payés pour gober tes salades mais pas moi. " C'est pas pour dire mais Acariesse il a quand même pas le profil d'un bénévole, faut pas me la faire. J'ai mordu ma langue. Normal, Acariesse se trimballe avec une canne, on sait jamais ce qui peut lui passer par la tête.

Diouf a inspiré tout ce qu'il a pu comme air puis il a dit que c'était sur l'appétence collective déclianante et plus exactement à cet état de densité aléatoire que j'avais eu le tort de fonder de façon somme toute velléitaire la conjecture absurde de n'avoir rien de mieux à faire qu'attendre comme dénouement de mon aventure hypothétique le sacrifice de nos défectuosités itératives sur la surface improbable de l'autel cahotant d'un engouement inextinguible comparativement insignifiant à la profondeur vertigineuse de l'inéluctabilité de notre déchéance prématurée tandis que le labeur requis par nos vains efforts pusillanimes ne saurait être attribués à l'indice lacunaire d'une consistance valétudinaire dûe à l'atmosphère sulfureuse de....

Au bout d'un quart d'heure, on n'y tenait plus. Acariesse l'a coupé. Il fallait trouver une solution et vite. Y avait plus qu'à attendre que quelqu'un parmi nous trouve une idée. Une bonne. C'est acariesse qui l'a eu. A mon avis, il l'avait depuis le début, il a fait du suspense juste pour se faire mousser. Il a claqué ses doigts et a dit " on n'a qu'à recruter une star pour faire oublier qu'on est à la ramasse totale. " Il a ajouté en pointant les journaux, " un grand titre en chassera un autre. "

Dis comme ça, c'est vrai que ça sonnait malin. Mais le hic, c'est que les stars ça coutent bonbon. Je le sais, j'ai essayé d'avoir Louboya. Hé ris pas, Louboya c'est une star, même que c'est Moutier qui me l'a dit. Heureusement Diouf a enfin servi à quelque chose, il a trouvé le parfait compromis. Compromis en un seul mot. Djibril Cissé. Une star, une vraie qui passe bien à la télé. En plus, Djibril Cissé a toujours dit qu'il aimait l'OM, pareil que Pedretti. " Ouais mais c'est peut-être pas celui-là d'OM qu'il aime " J'ai fait remarquer, rapport à l'autre OM, celui qui gagnait dans les années 90. " T'inquiètes, il fera pas la différence. " A dit Acariesse. Faut être miro quand même.

Alors je suis retourné dans mon bureau pour négocier son transfert. En fait, j'appelais surtout pour avoir un devis gratuit. Au téléphone, le président de Liverpool a été d'accord pour me parler. Normal, il aurait soi-disant plus ou moins des vues sur Meïté. A mon avis il a pas dû le voir jouer récemment. C'est pas possible autrement. Il m'a fait dans un parfait anglais " Aïe do you speak english ? " J'ai répondu " Yes I belooze. " Y a eu un silence. J'ai rajouté " the cat is in the kitchen." C'est tout ce qu'il me restait. Du coup, il m'a passé Djibril pour aller plus vite.

Mais à la vérité, j'ai eu encore plus de mal. Djibril il parle d'une façon bizarre, c'est pas du Gervais Martel mais presque. Un langage qui va très vite en mélangeant toutes les lettres. On dirait le jeu Boggles. Le temps que je trouve le bon ordre d'une phrase, il était déjà en train d'en faire une autre. J'ai quand même compris le principal, à savoir que suite à son accident de tibias, on lui avait greffé une jambe bionique, même que quand il court ça fait " tin-tin-tin-tin-tin-tin " comme Steve Austin. Et on pourrait croire qu'il va pas très vite alors qu'en fait, il va à fond les manettes.

Comme de par hasard, le soir même, Robert Louis Dreyfus était là pour voir notre finale de l'intertoto. " Je suis venir voir comment se porte le FC Marseille ", qu'il a dit. C'est l'Olympique, on a corrigé. L'Olympique de Marseille. " Ah oui, je confonds toujours avec Bordeaux. Bah qu'importe" il a fait en se frottant les mains. " Sinon vous êtes prêts pour le début du championnat, ça approche. " On lui a dit que le championnat avait déjà repris depuis quatre journées déjà. Il voulait pas croire, ça l'a soufflé. " Et on est combien ? " Il a demandé. Acariesse a regardé Diouf qui m'a regardé, moi j'ai regardé mes pieds. " Euh, ben on est quatre, là " j'ai répondu.

Acariesse a tout de suite détourné l'attention en casant son idée de recruter une star. Il lui a dit que Liverpoule était ok pour nous prêter Cissé mais à condition qu'on paie son salaire dans l'intégralité de sa totalité. Robert Louis Dreyfus a demandé combien il touchait. On sentait bien à son ton qu'il craignait un peu d'entendre la réponse. On lui a dit 200 000 euros. " 200 000 EUROS PAR AN !! " Il a hurlé. " Euh, non, par mois." Là, ç'a été terrible, il a placé ses mains autour de son cou et a commencé à s'étrangler. C'est bien simple, on a failli le perdre. Il a fallu qu'on le fasse souffler dans un sac en papier pour qu'il se remette. Le docteur de l'OM s'est bien proposé pour lui faire une trachéotomie avec un stylo bic comme il avait vu faire à la télé, une fois mais on l'a empêché de justesse. Les stylos c'est pas donné.

Robert Louis Dreyfus a marmonné " Cherchez un autre attaquant. Un moins cher. " Acariesse a demandé si ça serait possible d'avoir une fourchette. Franchement c'est pas pour dire mais il exagère, y a tout ce qu'il faut à la cantine. Robert Louis Dreyfus a répondu " Ecoutez, c'est pas dans mes habitudes d'être généreux." Personne l'a contredit. Il a ajouté " Mais au diable l'avarice, je crois qu'on peut aller jusqu'au smig." " Par mois ? " J'ai demandé. " Ah non !" il a protesté " Par an ! " Va savoir comment on dit smig en anglais.

# Posté le jeudi 25 août 2005 02:00

Modifié le mardi 06 septembre 2005 11:19

Les premiers seront les derniers

Les premiers seront les derniers
Samedi rebelote, départ pour Rennes en bus. Et Rennes, c'est pas la porte à côté, en y allant c'est comme si on faisait une grande rature sur la France. Acariesse a encore fait défaut pour conduire le bus, il a dit que ça aurait été avec plaisir mais qu'il fallait qu'il vide la corbeille de son ordinateur. On peut dire que la journée commençait mal. En plus, en arrivant à la Commanderie, quesse je trouve ? Un gros tag en plein sur le bus. « Purée, ils respectent vraiment rien ! » j'ai dit en commençant à frotter avec ma manche. C'est là que Emon est arrivé, il m'a dit « mais quesse tu fais José ? C'est pas un tag, c'est notre nouveau logo du club. » J'ai bien regardé et c'est vrai, il avait raison. J'avais pas reconnu. Faut dire, je m'y ferai jamais à cette saleté.

Avec un point en trois matchs, on avait pas trop intérêt à se louper. Fernandèze le sentait bien, c'est sûrement pour ça qu'il a aligné Andre Louisse, un joueur qui a pas deux matchs dans les jambes. « C'est bon pour la confiance » qu'il a dit. C'est bon pour la confiance de Rennes, ouais ! Moi je me mêle pas trop des compos d'équipe, je préfère rien dire comme ça, si on gagne, je peux dire que c'est exactement ce que j'aurais fait et si on perd, je dis « Ah voilà, j'en étais sûr. » Hé Hé ! Pas bête le José !

Rennes ils ont des ambitions comme nous et ils sont derniers comme nous. Ils font tout pareil. Leur président est milliardaire comme nous, même que c'est Pino. Moi au départ, je pensais que c'était Pino Latouka, l'ancien pianiste de l'école des fans. Je me suis dit, il a fait fortune en sortant une compile, c'est pas possible autrement. Mais en fait, non. Rien à voir. C'est pas lui, c'est un autre Pino qui sait même pas jouer du piano. Bonjour l'arnaque.

La force de Rennes, c'est son attaquant, Alexander Frei. Un suisse mais qui est quand même très fort au foot. Alexander Frei, son hobby c'est de cultiver le sens de la contradiction, un peu comme Cantona. Par exemple, quand on lui demande si Rennes va gagner, il répond « J'en sais rien, j'espère surtout que Rennes va pas perdre. » Il fait ça tout le temps, partout. Si sa boulangère lui demande " Je vous mets une baguette ?" il répondra " non, donnez moi plutôt deux demi-baguettes. " Alexander Frei pousse l'imitation de Cantona jusqu'à froncer les sourcils en permanence. C'est juste dommage pour lui qu'il est que les sourcils de Canto et pas ses pieds.

En attendant, crois-le ou pas mais la semaine dernière, Alexander Frei a poussé la conscience professionnelle jusqu'à s'excuser auprès des supporters pour avoir raté des occasions de buts. Je sais pas si t'imagine un peu, nous ça nous a soufflé. Déjà, la conscience professionnelle, à l'OM, c'est un truc dont on n'a jamais entendu parler. Rien que le mot professionnel d'ailleurs, on a du mal. Pour comparer, c'est comme si Niang s'excusait d'avoir marqué un but en disant « je sais pas ce qui m'a pris, je suis désolé, je le ferai plus. »

D'ailleurs, je dis ça, mais il se trouve que c'est Niang qui marque le premier but, à la première minute, une reprise mi-tibia, mi-cheville. Une invention à lui, imparable. Lamouchi aussi a marqué, personne en est revenu de son but. Même lui. D'ailleurs, il voulait pas marquer, il voulait se débarrasser du ballon. On lui a fait passe, il a tiré de toutes ses forces en criant « non pas à moi, j'ai une crampe aux cheveux. » Et c'est allé au fond.

Seulement voilà, comme de bien entendu, Rennes a égalisé à chaque fois, même pas pour gagner le match, juste pour avoir le dernier mot. Faut dire que notre défense a eu des loupés. Comme les quatre de derrière se connaissent pas encore trop, ils se sont fait des politesses. Par exemple, quand Outaka approchait des cages, Déhu disait à Meité« Tu y vas, toi ? » Et l'autre répondait « Après toi, je t'en prie. » Déhu d'ajouter « Ah mais non, j'en ferai rien. » Et l'autre « Non vraiment, ça me gêne. » Tu parles, le temps qu'ils se décident, le ballon était au fond. Et je te parle même pas de Taiwo qui a pris Frei au marquage. Frei lui a demandé poliment " Dis tu pourrais pas te pousser un peu, parce que là, c'est pas pour dire mais tu me gênes." Taiwo il a pas flairé le piège, il s'est poussé à trois mètres en s'excusant. Ca a fait but.

Du coup, on a encore paumé. Un point en quatre matchs, ça la fout mal. Acariesse a envoyé un texto, il était pas content. Il a écrit « A cose de vou g perdu o lotofoot ! » Quelle idée aussi de mettre l'OM gagnant, faut vraiment avoir du fric à jeter par les fenêtres.

A la fin du match, dans les vestiaires, Nasri s'est mis à pleurer dans son coin. J'ai essayé de le consoler en lui disant que c'était pas grave, qu'on gagnerait le prochain match et tout. Mais il a dit " je pleure pas pour ça, j'ai oublié mon shampooing, c'est pour ça !" Quenelle a dit « Tiens, t'a qu'à prendre le mien, toute façon j'ai pas de cheveux. » Mais Nasri a rien voulu savoir, il voulait le sien parce qu'il est à la fraise et qu'il pique pas les yeux. C'est à ce moment là que Fernandèze a craqué aussi. C'était terrible à voir, il se griffait le visage en hurlant « Mais pourquoi ? Pourquoi j'arrive pas à gagner ? » Je veux pas dire mais au lieu de pleurer, il aurait mieux fait d'ouvrir les yeux ; la réponse était éparpillée autour de lui, en train de se déshabiller pour aller à la douche.

# Posté le mardi 23 août 2005 10:59

Modifié le jeudi 25 août 2005 02:11

A l'Espagnol en Espadrilles

A l'Espagnol en Espadrilles
Mardi dernier, on a dû aller en Espagne pour jouer un match amical obligatoire. On a prévenu les joueurs à la dernière minute, pour être sûr qu'ils se blesseraient pas pendant l'entraînement. Va savoir pourquoi, les joueurs ont toujours la sale manie de se blesser avant les matchs amicaux. On leur a dit « Surtout prévoyez rien pour ce soir, on joue contre l'Espagnol. » « Quel espagnol ? » A demandé Ribery. J'ai secoué la tête pour bien montrer que c'était une question stupide puis il a fallu que j'explique ce qu'on m'avait expliqué juste avant, à savoir qu'en fait l'espagnol, c'était le nom d'un club de foot et pas un type qui vivrait en Espagne. Les joueurs ça les a déçu, c'est sûr qu'à choisir ils auraient préféré joué contre un type qui vit en Espagne ; ça aurait augmenté leur chance de gagner. Voir même de faire match nul.

Pour faire son intéressant, Lamouchi a voulu savoir pourquoi on allait jusqu'en Espagne pour se farcir un match amical alors qu'en France y avait tout ce qui faut pour en organiser et même des très bien. J'ai expliqué que c'était la faute à Costa qui avait demandé un match contre nous dans son contrat, tout ça exprès pour nous embêter. Costa, il est trop rancunier comme garçon, il nous en veut toujours de lui avoir fait croire qu'on le vendait à Barcelone. Le vrai Barcelone. Franchement, si on peut plus déconner. Lamouchi a pas apprécié et il a dit qu'il lui ferait savoir en personne. Trois matchs dans la semaine, c'est deux et demi de trop pour son organisme qu'il a dit.

Le premier à tenter de se débiner, ç'a été Batlles. Il a dit « Moi ce soir, je peux pas j'ai karaoké. » Batlles, il est ceinture noire de karaoké. Acariesse il lui a dit que c'était pas grave, qu'il avait qu'à chanter dans le bus, qu'il avait un micro et même un public qui pouvait s'enfuir nulle part. Moi j'arrêtais pas de faire des signes du coin de l'½il à Acariesse en disant que le micro était cassé et tout. Mais Acariesse a rien voulu savoir, il a fait « Non, non. Il marche très bien le micro. » Tu parles, il s'en fichait lui, il venait pas. Soi-disant qu'il avait des trucs plus importants à faire comme nettoyer ses lunettes. Du coup, à cause de lui, on a dû se taper l'intégrale de Hélène Ségara durant tout le trajet. Déjà Hélène Ségara au naturel, c'est souffrance mais chanté avec la voix de Batlles, y a pas de mot. C'est bien simple, on a perdu deux joueurs en route qui ont profité de la pause pipi pour s'échapper. Elle est belle la solidarité à l'OM, tiens.

En plus, on est parti un peu en retard à cause de Benatia, un jeune de la cfa 2 qu'on avait convoqué pour l'emmener avec nous. Il est arrivé à l'heure, c'est pas la question mais au lieu de la tenue officielle, il portait un jogging jaune avec ses chaussettes par-dessus et des nike qui brillent. « Wesch gros, bien ou bien ? » Il a fait. Déjà pour commencer, j'ai dit que je m'appelais pas gros mais Anigro, Anigo ! Après j'ai gueulé « mais c'est quoi ça, il est où le survêt de l'OM ? » Il a fait « Zyva bouffon, reste tranquille, sérieux c'est abusé comme tu balances des golgoths. Je l'ai tèj ton survet, il était trop cheum. Comment je me suis tapé l'affiche avec dans la téci. Téma le lacoste trop chanmé non ? Avec les kinre, ça déchire sa race ! » Comme on était pressés, j'ai pas cherché à comprendre et je l'ai fait monter dans le bus.

En arrivant à la frontière, Barthez a voulu qu'on s'arrête pour acheter des cigarettes au Perthus. En fait, il était venu rien que pour ça. De mon côté, j'en ai profité pour briefer Andre Louisse qui allait faire ses grands débuts dans la défense. Andre Louisse est brésilien et c'est vrai qu'en le voyant jouer on pourrait avoir un doute parce que c'est bizarre mais il joue pas comme les autres brésiliens. Il doit venir du nord du Brésil peut-être, je sais pas. Lui son truc, c'est pas trop les passements de jambe, mais plutôt les cassements de dents. C'est pas mal comme geste technique aussi, enfin faut aimer. Je lui ai dit « Andre Louisse, aujourd'hui tu joues tout le match. » Il a fait « Todo mach ? » J'ai dit oui, todo mach. Il a hurlé « TODO MACH ! » J'ai dit « mais attention tu promets de frapper personne. » Il a hoché la tête. J'ai dit « Lève la main droite et promets. » Il l'a levée. J'ai dit « Non, l'autre main droite. » C'était pas gagné.

Andre Louisse a pas pu s'empêcher de frapper un joueur. Bon, c'était dans le feu de l'action, le joueur adverse faisait son lacet. Il a crié « Todo mach ! » avant de lui filer un pain par derrière mais c'était affectueux. Sa façon à lui de manifester sa bonne humeur, quoi. On a réussi à gagner 2-1, un but de Mendoza et un autre de Nasri. A la fin, le président de l'Espagnol nous a remis la coupe de la ville et une petite médaille en laiton à chacun qui donne droit à un abonnement à la piscine municipale et une partie de bowling gratuit. Faut voir comme on était pas peu fiers, le premier trophée de Robert Louis Dreyfus en dix ans quand même. Dommage qu'on ait pas pu le ramener intact au musée, la faute à Batlles, sur le retour il a voulu remettre ça avec Hélène Ségara et Mendoza a pas supporté, il lui a fracassé le crâne avec la coupe pour le faire taire. Le médecin de l'OM est tout de suite intervenu. Et je peux te garantir qu'il connaît son métier, il a vu tous les épisodes d'urgences. On était tous inquiets. Au bout d'un moment, il s'est tourné vers nous, le regard triste avec la petite coupe cassée en morceaux dans les mains et il a dit « Désolé j'ai fait tout ce que j'ai pu, elle est foutue. »

# Posté le mardi 23 août 2005 08:44

Modifié le mardi 23 août 2005 14:19

On n'a pas la même ambition, mais on a le même métier

On n'a pas la même ambition, mais on a le même métier
Ce dimanche était un jour trop important à cause qu'on jouait Lyon au Vélodrome. Cette année, Lyon c'est les champions en titre et l'année d'avant c'était aussis les champions en titre et l'année encore avant, c'était encore les champions en titre et l'année juste avant, ils étaient toujours champions. Déjà, c'est pénible à lire alors imagine un peu à vivre.

Histoire de bien nous mettre la pression, le match passait sur canal. Je veux pas dire mais c'est notre troisième match qu'ils diffusent. Faudrait les prévenir qu'y a d'autres équipes dans le championnat, ils ont pas l'air d'être au parfum. A canal ils ont répondu que si, ils étaient au parfum mais que 600 bâtons c'était beaucoup quand même et qu'ils allaient pas rentabiliser en diffusant Lille - Troyes. Ca se tient.

En arrivant au stade, Aulasse m'a serré la main avec un grand sourire de canard scié. Il a dit «que le meilleur gagne. » Moi, j'ai rien répondu. Normal, ça m'arrangeait pas trop sur ce coup que ça soit le meilleur qui gagne. Heureusement Aulasse il a pas eu trop le temps de me parler parce qu'il était occupé à vendre Essien au portable, enfin il le vendait à Chelsea mais il était au portable. Et il insistait pour le vendre à tout prix plus cher que Drogba. Non, vraiment quel gamin celui-là quand il s'y met. En plus, Essien plus cher que Drogba sans rire. Et pourquoi pas Malouda plus cher que Adriano tant qu'on y est.

Cette année, Lyon est entraîné par Gérard Rouillé. Attention, c'est pas n'importe qui Gérard Rouillé. Même qu'il a réussi à qualifier la Bulgarie pour la coupe du monde en 94. On a beau dire, c'est pas rien comme exploit. En plus, faut voir comme il a refusé les éloges de la presse après. Il a dit que tout le mérite revenait à Ginola pas à lui. Gérard Rouillé, il est humble. Trop.

Dans le couloir, Barthez s'est retrouvé en face de Coupet, le gardien intérimaire de l'équipe de France. Y avait les caméras, ils ont bien été obligés de la jouer chaleureux. « Ca va ? » a demandé Coupet. « Ca va. » A répondu Barthez. « Tu joues pas ce soir ? » A demandé Coupet. « Très drôle. » A répondu Barthez. Coupet a dit qu'il fallait pas prendre lamouchi, que c'était pour rire. Barthez a répondu que pour rire, il préférait regarder Lyon en championce ligue et qu'il se tapait sur la cuisse. Coupet a répondu, nous au moins on y est en championce ligue alors que vous. Barthez a répondu que ça serait bien de dépasser les quarts ce coup ci, non parce que ça continuait après. Ces deux là, il a fallu les séparer avant qu'ils deviennent trop chaleureux.

A l'échauffement du match, Déhu a motivé les gars. Il arrêtait pas de taper dans ses mains en répétant « ce soir on gagne ! » Il essayait de se convaincre, je sais pas. En tout cas, Beye a fait « Wouah l'autre hé mytho ! Tu nous avais déjà dit ça contre Bordo. » Déhu a dit que oui, mais que là c'était vrai. Après ça, il a rappelé la consigne principale, à savoir surtout ne pas faire de fautes dans la zone de vérité à cause de Junigno. « C'est quoi la zone de vérité ? » A demandé Nasri pendant que Ferreira lui faisait son lacet. La zone de vérité a expliqué Carasso, c'est une zone ou t'es obligé de dire la vérité quand t'es dedans. « Par exemple, si t'es dans la zone et que je te demande si tu dors encore avec ton picatchou en peluche, tu répondras quoi ? » Nasri a éclaté en larmes et il a répondu « oui mais seulement quand y a des orages ! »

Le premier but, c'est nous qu'on le met sur coup franc. C'est Taiwo qui s'y est collé. Sa technique pour marquer, c'est de viser le mur. 9 fois sur 10, c'est renvoyé et ça fait contre-attaque mais 1 fois sur 10, c'est dévié et si le goal a oublié d'avoir des réflexes, ça peut faire but. Là ça a fait but. Taiwo, une fois à l'entraînement, il a essayé de contourner le mur. On n'a jamais retrouvé le ballon.

Après ça, bien sûr, Lyon a rien trouvé de mieux à faire qu'égaliser. C'est pas pour dire mais ils en avaient même pas besoin du point, ils ont fait ça par pure mesquinerie et puis c'est tout. C'est leur nouvelle recrue de l'attaque, John Carou qui a marqué. Même pas un vrai attaquant en plus, la preuve c'est un norvégien et j'invente rien, en Norvège ils fabriquent que des défenseurs. Suffit de le regarder, il mesure 2 m17 et il chausse du 52. T'as déjà vu des attaquants qui chaussent du 52, toi ? N'empêche Carou, c'est son troisième but en trois matchs. C'est sûr, y aura jamais assez de matchs dans la saison pour que Niang en marque autant.

# Posté le mardi 16 août 2005 11:28

Modifié le mardi 16 août 2005 11:52

Un bol d'air par Baldé

Un bol d'air par Baldé
L'autre jour, Moutier me téléphone. Moutier c'est le type qui s'occupe du psg. Et Moutier, t'as qu'à voir comment il fait trop son crâneur, tout ça parce qu'il a réussi à recruter des joueurs internationals. Hé, moi aussi si je voudrais je pourrais en recruter mais il se trouve que j'aime pas ça les internationals. Je vais quand même pas me forcer, chacun son goût.

Pour taquiner, je lui ai dit « Moutier à l'envers, ça fait t'y es mou.» J'ai bien rigolé, lui pas trop. Il a répondu « Peut-être que Moutier ça fait t'y es mou à l'envers mais Anigo ça veut rien dire même à l'endroit. » Comme il m'a trop cassé, je le crois pas.

J'ai dit que puisque c'était comme ça, j'allais raccroché parce que j'avais d'autre chat à fouetter que de parler au téléphone et à un parisien en plus. Moutier a dit « Tant pis, c'est bien dommage, j'avais un super joueur à te proposer mais tant pis, je vais le proposer à un autre club qui joue le maintien. Tant pis, tant pis. »

Pour couper court, j'ai dit « Bon ça va, ça va. » Moutier m'a alors parlé de Louboya, un joueur terrible doté d'une technique que je te dis même pas. Louboya, on peut pas le louper, il a une crête comme le chef des gremlins, d'ailleurs Moutier m'a prévenu au cas où on le signait : « Ne surtout pas le nourrir après minuit, ne pas lui jeter de l'eau dessur et éviter de le prendre en photo. » Le temps que je trouve un stylo qui écrive, il avait déjà fini. Du coup, j'ai rien noté.

Ni une ni deux, je suis allé voir Fernandèze. Il était en train de lire « les fondements du football pour les débutants. » Je lui ai demandé si des fois, par hasard, il serait intéressé par Louboya. Fernandèze a fait une drôle de grimace, j'ai regardé sous mes semelles. Y avait rien. Il a dit que non ça lui disait rien et que tant qu'à faire, il préférait un défenseur, un costaud avec des grosses cuisses comme Dianbobo Baldé du Celtic.

Moi ça me disait rien comme joueur. Il m'a expliqué, Dianbobo ça serait le même que Ngotty mais en plus rapide. Remarque, il m'aurait dit le même en moins rapide, je l'aurais pas cru. Rapport que ça se peut pas.

Je voulais pas lui forcer la main mais moi je trouvais que Luboya ça serait quand même mieux qu'un défenseur. C'est une question de logique, avec un joueur en moins, paris aura moins de chance de nous battre. En plus, c'est pas pour dire mais on a déjà d'autres anciens strasbourgeois. Logiquement, si on recrute aussi celui-là, on finira par jouer comme Strasbourg. Fernandèze a rien voulu savoir, il a dit qu'il voulait Baldé et que si on le forçait à prendre un jouer qu'il veut pas, il se plaindrait à l'ucatenef, l'association protectrice des entraîneurs.

Sur ce coup, Fernandèze m'a bien cassé la baraque. Je suis retourné dans mon bureau, j'ai appelé le celtic. Avant que j'ai le temps de dire quoi que ce soit, le président du celtic m'a dit que ça l'intéressait pas et il a raccroché. Il a fallu que je rappelle et que je dise très vite que j'appelais pas pour vendre mais pour acheter. Là, à la limite, il a bien voulu me parler mais vite.

« Est-ce que Baldé serait intéressé de signer dans un grand club ? » J'ai demandé en entortillant mes doigts dans le fil du téléphone. Le président du celtic, ça l'a intrigué. « Mais vous travaillez plus pour l'OM ? » Il s'est étonné. Je lui ai répondu que si. Le président du celtic a soupiré et il a dit qu'il transmettait. Moi de mon côté, je transpirais.

Pour pas que Fernandèze soit fâché, je lui ai dit que ça y est, c'était fait le transfert de son Dianbobo Baldé. Ca l'a rendu tellement joyeux qu'il l'a annoncé à la presse sans attendre. J'étais bien embêté.

Surtout que même pas deux jours après, Baldé a déclaré qu'il préférait rester au celtic pour jouer le titre. Franchement, il abuse Baldé. Normal qu'il joue le titre là-bas, y a que deux équipes. Même nous on pourrait le jouer le titre si on était écossais. Fernandèze il a eu en travers que Baldé vienne pas, il a dit qu'il me retenait et qu'il me causait plus. Moi pour essayer de me rabibocher, j'ai lui ai dit que Louboya était encore dispo s'il voulait. Là, j'ai perdu une bonne occase de me taire.

# Posté le dimanche 14 août 2005 17:27