Je suis venu te dire que tu t'en vas

Je suis venu te dire que tu t'en vas
Lulundula a piqué une crise terrible. Il a dit que ça pouvait plus durer et qu'il en avait sa claque de jouer les seconds couteaux à l'OM. Lulundula, un couteau ? Moi j'aurais plutôt dit une cuillère. Ensuite il a rajouté qu'il était sûr que c'était de la faute à l'OM s'il avait perdu son football. C'est possible mais faudrait pas oublier que le contraire est un peu vrai aussi.

Pour essayer de calmer la situation, je lui ai demandé si des fois il avait pensé à regarder sous son lit ou au fond de son armoire. C'est pas possible que son football ait disparu comme ça du jour au lendemain. Il a répondu qu'il avait cherché partout, qu'il en avait marre de plus être en équipe de France et que puisque c'était comme ça, il allait mourir en se retenant de respirer.

Pétard, il a fallu faire vite, je voulais pas avoir sa mort sur ma conscience. Déjà que j'ai son transfert. Alors j'ai téléphoné à la Provence pour passer une petite annonce. J'ai mis « Vend attaq. Etat impecc. (très peu servi) 200 matchs et quelques en L1, coupe de chvx d'orig. Acheté 12 m¤, cédé gratuit (à déb.) »

Y avait plus qu'à attendre et j'ai pas attendu longtemps. Guy Roux a appelé. C'est le mot gratuit qui l'a attiré. A ce qu'on raconte, Guy Roux peut sentir le mot gratuit à plus de cinq cents mètres à la ronde. Au téléphone, il a dit qu'il était d'accord pour le prendre mais à condition qu'on le prête et à condition qu'on paie une partie de son salaire. Une grosse partie.

J'ai demandé ce qu'il entendait par grosse partie. Il a dit 70. « 70 euros ? » j'ai fait. Il a répondu « non, 70 pour cent andouille. » Je me disais aussi. Alors j'ai décidé de négocier. J'ai dit « Ok, pour 50. » Il a dit non, 70. J'ai fais mine de réfléchir et j'ai dit « Bon, 60 alors. » Il a répété 70. J'ai dit « 65 et on en parle plus ! » Il a encore dit 70. J'ai laissé passer un long silence puis j'ai proposé 70. Il a dit banco. Pétard, je me suis pas laissé faire.

# Posté le dimanche 14 août 2005 17:20

Une finale, des finauds

Une finale, des finauds
Mardi, c'était la finale de l'intertoto. Et oui, déjà. D'ailleurs même nous on n'a pas compris mais l'uefa nous a expliqué qu'il fallait débarrasser les terrains pour les vraies équipes qui vont pas tarder à venir après nous. Parce que l'intertoto, c'est comme les cacahouètes, ça va cinq minutes mais après faut passer à table.

Alors ce coup-ci on a été à la Corogne. Crois-le ou pas mais Corogne ça veut dire couille en espagnol. Si c'est vrai ! Même que c'est Koké qui me l'a dit et je te ferais dire que Koké y ment jamais sauf peut-être la fois où il nous a raconté qu'il était considéré comme un grand espoir en Espagne. Mais bon, c'est oublié.

Moi j'avais quand même un doute pour cette histoire de Corogne, alors j'ai demandé à Mendoza pour savoir si c'était vrai. Mon vieux, je sais pas quel lamouchi l'a piqué mais il s'est levé comme un seul homme et a hurlé « Tengo muchos corrones hirodépouta ! » Je suis pas sûr mais je crois que ça veut dire qu'il a déjà joué contre la corogne, une fois.

Bizarrement, le match on se le sentait bien. Fernandèze avait fait quasiment la même équipe que contre la Lazio, d'ailleurs il a fait aussi le même discours. Les joueurs se regardaient pour savoir si ça venait d'eux ou non. En fait, la théorie de Fernandèze c'est qu'il faut jamais changer ce qui marche, sauf quand ça marche plus.

Manque de pot, Orouma c'était son jour sans. Avant le match, il a vérifié sur son agenda et nous a prévenu qu'il avait rien de prévu pour aujourd'hui et que c'était même pas la peine de compter sur lui. En plus de ça, Ribery était déprimé à cause de sa non convocation pour le match France contre Cote d'ivoire. Il y croyait dur comme fer pourtant. « Mais comment tu veux être sélectionné ? » je lui ai demandé « T'es même pas ivoirien ! » Il a rien trouvé à redire.

Du coup, pas le choix, on a rabattu tous nos espoirs sur Niang. Il a dit « Pas de problème, vous pouvez compter sur.. » Puis il s'est endormi. Il a fallu qu'on le secoue par l'épaule, ça l'a réveillé en sursaut. Il a demandé « Hein, quoi ? Combien on a fait ? » On lui a dit que le match commençait là, maintenant, tout de suite. « Oh punaise ! » Il s'est écrié et il est parti dans le couloir en courant. Enfin, en trottinant. Bon, il marchait vite, quoi.

Au final, on a paumé deux zéro. Je veux rien dire mais ça la fout mal. C'est quand même la troisième fois qu'on se mange le même score depuis la rentrée. En plus l'arbitre nous sifflé aucun péno ni rien et pourtant Niang a plongé tout ce qu'il a pu. A un moment, l'arbitre a arrêté le jeu parce qu'un ramasseur de balle était entré sur le terrain. Il a lui a dit « Hé gamin, sors du terrain ! Le match est pas fini. » Le petit a répondu « Mais je suis Samir Nasri, je joue à l'OM ! » L'arbitre a fait « Au temps pour moi. »

Niang a failli marqué, il a eu les occases. Je mens pas, il les a eues. Dans le vestiaire, il nous a dit que c'était pas sa faute à lui mais celle du goal et des défenseurs de la corogne qui avaient tout fait pour l'empêcher de marquer. Bonjour le mauvais esprit. On a essayé de lui expliquer que c'était normal, vu qu'ils étaient un peu payés pour ça. Niang ça l'a convaincu moyen « N'empêche sans eux » il a dit « c'est sûr que j'en plantais au moins un. » On a pas osé le contredire.

# Posté le dimanche 14 août 2005 17:14

Modifié le mardi 16 août 2005 11:27

La négative attitude

La négative attitude
Yayaoui c'est un rebelle, il en fait qu'à sa tête. Même qu'il écoute Kyo en buvant de la tourtel au lieu de s'entraîner. Au début, on n'a pas prêté attention. On s'est dit, c'est l'âge, c'est normal. Il a les poils qui poussent, ça le perturbe et tout. Mais en fait, rien à voir. Depuis la reprise, son cas a fait que s'aggraver de pire en pire. Autant on peut dire que Nasri réussit pas à rentrer dans l'adolescence, autant Yayaoui il arrive pas à en sortir.

Du coup, pas le choix, on a consulté un docteur très renommé, un spécialiste qui a son bureau au sein même du centre de formation de l'AJA. Il a été formel sur deux points ; le premier, c'est que ça nous coûterait 50 sacs, le deuxième c'est que Yayaoui avait attrapé une flamini aigue.

Nous ça nous a surpris, d'habitude ces saloperies on les attrape uniquement en Angleterre ou alors en lisant la presse spécialisée. Si un joueur lit son nom en gros dans un journal, Var matin par exemple, le virus peut se développer dans l'organisme et attaquer les cellules grises du cerveau. Après ça, y a plus rien à tirer du joueur, il arrête pas de se la péter et de répéter tout le temps « je suis trop une star, je fais quesse je veux. » Les remèdes, y en a pas cinquante. Le docteur nous a recommandé de lui donner du banc de touche. Beaucoup. Et pas hésiter à lui faire des injections de cfa en période de crise.

Mais surtout le plus important, c'est de le mettre en quarantaine parce que la flamini aigue est super contagieuse. Il suffit que Yayaoui soit en contact avec un autre joueur pour le contaminer. Tu parles, c'est pas tomber dans l'oreille d'un aveugle. On l'a mis illico dans la même chambre à Lulundula.

# Posté le samedi 13 août 2005 19:12

Gervais Martel et la caravane passe

Gervais Martel et la caravane passe
Samedi, on est allés à Lens pour jouer notre deuxième match de la ligue orange. Lens, c'est tellement au nord que c'est quasi le sud de l'Angleterre. Du coup, pour être sûr d'arriver à temps, on s'est répartis les joueurs dans quatre voitures, on a mis les remplaçants dans les coffres et on est partis tout de suite après le match d'intertoto. " Et pour le péage, on fait comment ? " j'ai demandé sur l'autoroute. " Qunqun a de la monnaie sur lui ? " Tu parles, tout le monde faisait semblant de dormir.

C'est là qu'on s'est aperçus qu'on avait encore Olembé dans le lot. « Mais quesse tu fais là ? » On lui a demandé. « Tu devrais pas être à Mayorque en Espagne ? » Olembé a dit que si mais qu'il avait changé d'avis et qu'il préférait rester à l'OM à cause que c'est un club où y a du soleil, où on s'entraîne pas trop et on est pas obligés de gagner. Moi j'ai rien dit mais franchement son excuse je l'ai trouvée bidon. C'est vrai quoi, à Mayorque aussi y a du soleil.

Deux jours plus tard, on est arrivés à Lens, c'est Gervais Martel qui nous accueillis. Mon vieux, je sais pas si c'est la fatigue à cause du décalage horaire ou quoi, mais on a rien compris à ce qu'il a dit. C'est pas compliqué, Gervais Martel quand il parle, On dirait qu'il prononce que les voyelles. Comme s'il récitait un truc par c½ur et qu'il le récitait très vite par peur de l'oublier. Heureusement que Diouf avait pris Gervais Martel comme seconde langue au lycée, il a pu nous traduire un peu mais c'était limite.

En fait, Gervais Martel voulait savoir si y avait pas moyen qu'on lui arrange le coup avec M6 pour qu'on diffuse aussi ses matchs de Lens à la télé. Diouf a expliqué que c'était pas possible, à cause d'un truc qu'on appelle l'audimat. Les chaînes de télé, elles seraient tatillonnes là-dessus. Elles diffuseraient que des programmes qui sont regardés. Gervais Martel il l'a eu en travers.

A Lens, ils ont des maillots sang et or. Enfin, ça c'est surtout eux qui le disent parce que tu verrais, ça ressemble quand même vachement à du rouge et du jaune. Bon, nous on a rien dit, on voulait pas faire d'histoire.

Pour le match, Fernandèze a dû composer avec les absences, c'est-à-dire qu'il a surtout aligné des joueurs absents comme Nakata, Lulundula ou bien Koké. Déhu pouvait pas jouer à cause de son carton rouge contre Bordo. On a beau eu lui expliquer cinquante fois, tu parles y avait rien à faire, il comprenait pas et disait « Mais puisque c'est plus Bordo, je peux jouer maintenant ! » En plus, Niang lui aussi purgeait encore sa suspension de la saison dernière. Toute façon, même sans lui, on a réussi à se débrouiller pour pas marquer alors hein. Ajouté à tout ça, Ribery était malade, il avait un torticolis, à force de courir avec le nez sur le ballon. Bref, c'était la totale.

Donc Fernandèze a aligné ce qu'il avait de dispo sous la main et il a mis Nakata dans l'axe. Bon, déjà Nakata titulaire, c'est un truc que je comprends pas mais dans l'axe, c'est vraiment donner le ballon pour se faire battre. Pourtant, dans le couloir du stade Bollarte, l'entraîneur de Lens m'a dit qu'on avait bien de la chance à l'OM, parce qu'on faisait pas la différence entre la réserve et les titulaires. Tout fier, j'ai expliqué que c'était une idée de moi. J'avais entendu dire qu'une bonne équipe doit avoir un banc aussi fort que le terrain. Du coup, pas bête, j'ai fait un terrain aussi fort que le banc. Ca revient au même mais en moins cher. L'entraîneur de Lens, ça l'a soufflé.

Bon, le match on l'a perdu. La défense aurait eu des lacunes selon Fernandèze. « C'est quoi une lacune ? » J'ai demandé à Diouf. Il m'a expliqué qu'une lacune, c'est quelque chose qu'on sait pas alors qu'on devrait. Comme par exemple, un directeur sportif qui saurait pas ce que c'est qu'une lacune. J'ai hoché la tête pour bien faire rentrer mais en fait, j'ai rien compris. Un des deux buts qu'on prend, c'est un péno. C'est Leroy qui l'a tiré. Leroy, il a joué à l'OM et au psg. A ce qu'il parait, ça donnerait droit à des points à la cotorep. Pourtant Carasso fait l'arrêt mais le truc, c'est que les joueurs s'étaient déjà replacés dans le rond central pour le coup d'envoi. Carasso a beau eu crier de toutes ses forces « Revenez, je l'ai arrêté ! Je vous jure c'est pas des blagues. » Tu parles, le temps qu'ils reviennent, c'était trop tard.

Après le match, on s'est retrouvé reléguable. C'est-à-dire dans les trois derniers. La faute aux autres équipes qui profitent en douce qu'on perde pour gagner. Franchement, c'est d'un mesquin. Dans les vestiaires, Meité a demandé c'était quoi la différence entre reléguable et relégué. On a tous attendu la suite, mais en fait c'était pas une devinette, c'était une question. Du coup, on était déçus. Moi je la sais la différence, c'est une question de temps. C'est un peu comme quand tu montes dans le train et que tu attends qu'il décolle. « Et il faut faire quoi pour plus être reléguable ? » a voulu savoir Koké. « C'est pas compliqué » a dit Fernandèze « il faut gagner des matchs. » Pas compliqué, c'est vite dit.

# Posté le mercredi 10 août 2005 19:53

Modifié le mardi 23 août 2005 12:11

La Lazio a rien compris (nous non plus)

La Lazio a rien compris (nous non plus)
N'empêche que moi cette projection de vidéo, elle m'avait pas rassuré des masses. D'ailleurs, t'as qu'à voir, j'étais pas rassuré, je me rongeais tous les ongles du pouce. Comme il m'a senti inquiet, Emon m'a conseillé d'aller voir une voyante, une qui lisait l'avenir dans le mare de café. C'est-à-dire qu'on lui fait boire du café jusqu'à ce qu'elle en a marre et puis après, hop elle te lit l'avenir. Mais Emon m'a prévenu « Attention, elle annonce que les bonnes nouvelles. »

Ni une, ni deux on y est allé. D'entrée, je lui ai demandée « Est-ce qu'on gagne ce soir contre la Lazio ? » Elle a regardé et elle a dit « Ce soir, vous gagnez contre la Lazio. » Oh pétard, ça m'a soulagé. Dans la foulée, j'en ai profité pour demander « Et est-ce qu'on va finir dans les trois premiers ? » Elle a dit « Ce soir, vous gagnez contre la Lazio. » « Et le psg ? On va réussir à les battre cette année ? » Elle a répondu « Ce soir, vous gagnez contre la Lazio. » Moi ça m'a paru louche qu'elle radote comme ça, j'ai dit à Emon « Oh, elle est rayée où quoi ta voyante ? » Emon a secoué la tête « Non, t'as oublié. Elle annonce que les bonnes nouvelles, c'est pour ça. »

La voyante avait pas menti, on a gagné trois zéro. Orouma a fait un match de folie, à la fin il nous a dit « Comme ça je suis tranquille pour le mois. » Orouma il préfère tout donner d'un coup plutôt que payer en plusieurs fois. Ribery a encore sorti des dribbles que je te dis pas, tellement efficaces qu'à un moment, il a réussi à se dribbler lui-même. Comme le ballon est sorti en touche, il en a profité pour dribbler un ramasseur, un photographe et même un stadier. Ribery, il s'arrêtait plus.

C'était un soir magique, tellement magique que même Niang a réussi à marquer son but et Mendoza en a claqué un aussi sauf que, aucun joueur a osé lui a sauter dessus pour le fêter. La trouille sans doute. Trois occasions, trois buts. Comme quoi, le foot c'est simple parfois mais pas toujours. D'ailleurs, vers la fin, Lulundula a voulu rentrer lui aussi. Bon, on menait trois zéro, y restait dix minutes, on s'est dit jouer avec un joueur en moins, ça peut pas faire de tort. Lulundula a cru marquer mais la magie a des limites, faut pas pousser et puis c'est dur de marquer sans toucher le ballon. A la fin du match, il était déprimé que je te dis pas. Il a dit que puisque c'était comme ça, il allait mettre un terme à sa carrière. Nous, on lui a demandé s'il préférait pas signer à Auxerre. Tant qu'à faire, pour lui ça revient au même et nous, ça nous rapporte un peu.

# Posté le mercredi 10 août 2005 19:43

Modifié le mercredi 10 août 2005 20:47